De nature, je ne manque pas de convictions. Je crois fermement que le choix de la carrière entrepreneuriale, s’il n’est pas une nécessité ou une vocation absolue, émane du plaisir. Plus précisément, du sentiment de fierté et d’accomplissement que procure le succès entrepreneurial, aussi petit soit-il. Je suis aussi d’avis (et je défends cette idée) que le niveau élevé d’instruction n’entrave pas le développement de la culture entrepreneuriale d’un milieu. Bien au contraire, les diplômes élargissent le spectre d’exposition à des savoir-faire et savoir-être qui peuvent stimuler chez l’individu le désir de se réaliser pleinement, sans compromis sur le plaisir, par l’action d’entreprendre.
Le Salon de la PME, qui a eu lieu à HEC MONTRÉAL le 18 novembre dernier, était l’occasion pour plus de 500 étudiants inscrits au cours de Management des PME de vivre un succès entrepreneurial, une opportunité que la majorité a saisie à bras le corps. Un pur plaisir pour les étudiants, mais aussi pour les enseignants qui, comme moi, constatent que les notions théoriques du cours s’intègrent intensément, mais tout naturellement dans le discours de représentation et l’échange d’idées entre les étudiants et les visiteurs des kiosques qu’ils représentent (usant adéquatement et fièrement de la terminologie de gestion pour convaincre, merci beaucoup). On peut appeler ça prendre un bon coup d’expérience ou un bon bain de plaisir entrepreneurial! C’est au choix.
Démystifier l’entrepreneur
Tantôt ambassadeur, propriétaire, vendeur, expert et/ou investisseur, les étudiants adoptent différents rôles au gré des questions de leurs interlocuteurs et célèbrent avec fierté la diversité du terreau entrepreneurial québécois. Des PME en région, des immigrants, des femmes entrepreneures, des entreprises créatives dans le secteur des services, des PME technologiques et sociales, des PME connues et innovantes et d’autres qu’on croyait plus grandes. Toutes des PME choisies par eux et à qui ils offriront éventuellement leurs services de consultation en gestion via une analyse diagnostique de l’entreprise. Au passage, l’aventure permet aux étudiants de démystifier le profil de l’entrepreneur et de tisser des relations humaines nouvelles et privilégiées avec un homme ou une femme à l’esprit libre. Les étudiants bénéficient d’une forme de générosité rarissime, celle du temps et du partage d’expérience. Ils réalisent tout ça et bien plus encore. La gratification est tellement grande que les étudiants oublient de me demander leur note à la fin de la journée! Ça c’est du plaisir, merci chers entrepreneurs d’avoir pris ce risque et par ricochet de m’offrir cette récompense.
Prendre part à l’événement à titre d’exposant procure assurément du plaisir et une forme de succès que certains voudront répéter. Ils choisiront leur voie, mais heureusement, la carrière entrepreneuriale pourra faire partie des choix. Le lendemain du Salon, j’étais en classe avec une quarantaine d’entre eux. C’est une assistance record pour un jeudi matin à 8 h 30, lendemain de veille et considérant que la grippe A H1N1 fait sa part sur le taux d’absentéisme. J’ai eu la confirmation que la magie avait opéré une fois de plus. On leur a donné le podium, la parole et la chance de créer, collaborer, et communiquer. Pas sur le web cette fois, mais bien en chair et en os avec du vrai monde. Je n’ai rien contre le web, mais c’est un médium limitant en matière de savoir-être, surtout entrepreneurial.
La piqûre entrepreneuriale
La culture entrepreneuriale, c’est comme un vaccin. Ça prend un certain temps avant d’être efficace, mais ça stimule le système. L’adjuvant de l’entrepreneuriat rĂ©side dans la prise de conscience que tout est possible et qu’une opportunitĂ© d’affaires peut se construire dans la tĂŞte de toutes sortes de gens, de tout âge, introvertis et flamboyants, avec ou sans diplĂ´me, Ă toutes sortes d’endroits et Ă des moments inattendus de la vie. ĂŠtre exposĂ© Ă des modèles entrepreneuriaux inspirants comme ceux prĂ©sentĂ©s ici, hĂ©tĂ©rogènes, originaux et mĂŞme marginaux, voilĂ une action très influente et positive sur la perception de la carrière entrepreneuriale auprès de nos jeunes. MĂŞme Ă l’universitĂ©! L’instruction n’est pas un obstacle au dĂ©veloppement de la culture entrepreneuriale, Ă la crĂ©ativitĂ© et Ă la passion, mais bien un privilège applicable Ă tout mode de vie. Et vous, cette « piqĂ»re entrepreneuriale », vous l’avez?




Cette belle initiative des HEC me rappelle l’ambiance collĂ©giale d’un cours offert par le MIT Entrepreneurship Center (EDP) oĂą, pendant une semaine, des entrepreneurs des 4 coins du monde viennent s’imprĂ©gner de pratiques d’excellence, d’histoires Ă succès d’entrepreneurs issus du giron du MIT. Une semaine oĂą certains de nos entrepreneurs en technologie quĂ©bĂ©cois du programme CQT ont d’ailleurs pu « frayer » avec d’autres entrepreneurs internationaux pour Ă©changer et parfois confronter leurs idĂ©es. Mais cet Ă©change, loin d’ĂŞtre en vase clos, se faisait avec les Ă©tudiants du MIT Ă©galement et – encore mieux – avec certains investisseurs de Boston prĂ©sents durant les confĂ©rences. Tout un Ă©cosystème en quelque sorte, favorisant l’Ă©mergeance de nouvelles idĂ©es, leur dĂ©veloppement et leur commercialisation et ainsi de suite. Pour moi, qui suis habituĂ©e Ă Ă©pauler les entrepreneurs avec j’ai eu le privilège de travailler jusqu’Ă prĂ©sent, je dois avouer que l’idĂ©e de franchir la « barrière » m’est survenue pour la première fois Ă ce moment-lĂ !!!
Magnfique initiative.
Ă€ titre de mentor je suis bien placĂ© pour constater que les entrepreneurs qui se donnent une bonne formation universitaire partent avec un atout supplĂ©mentaire. J’ai de amis entrepreneurs qui n’ont pas cette formation et ils ont vite compris l’importance, pour rĂ©ussir, de s’entourer de personnes qui ont cette expertise.
Ces entrepreneurs font de bons mentors. Venez joindre nos rangs, comme mentors, en vous inscrivant sur le site de la Fondation de l’entrepreneurship.