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De décrocheur à entrepreneur

De décrocheur à entrepreneur

Au Forum d’automne d’octobre dernier, le P.D.G. de la Fondation de l’entrepreneurship, Mario Girard, a avoué être un décrocheur.

Lui, qui a été à la tête de plusieurs entreprises technologiques à succès et ayant créé plusieurs emplois, un décrocheur? Oui, parce que l’école ne le situait dans aucun projet concret, il a décroché du Cégep, pour revenir sur les bancs d’école quelques années plus tard, poussé par un projet concret : devenir entrepreneur.

Une histoire qui pourrait avoir l’air d’un cas isolé, mais qui ressemble drôlement à celle vécue, 20 ans plus tard, par un autre jeune, dans une autre région du Québec… et probablement par plusieurs autres, encore dans l’ombre.

Alexandre Lafontaine-Dhimène est aujourd’hui un jeune entrepreneur à la tête d’une entreprise de fabrication de percussions (Les percussions Bonjamtam) qui a le vent dans les voiles. Pourtant, comme il le raconte dans la vidéo ci-dessous, il était l’élève typique « ne cadrant pas dans le système ». Il a donc quitté les bancs d’école pour finalement y revenir, poussé par l’envie de créer sa propre entreprise et de réussir.

 Au Québec, chaque année, 28 000 jeunes fêtent leurs 20 ans sans aucun diplôme en poche. Première victime de ce fléau : nos garçons. La preuve est flagrante : sur 103 municipalités régionales de compté (MRC) au Québec, à peine 10 réussissent à remettre un diplôme d’études secondaire (DES) ou Diplôme d’études professionnelles (DEP) à 70 % de leurs garçons après 7 ans passés au secondaire, alors que 84 y arrivent pour les filles. (Source: La persévérance scolaire et la diplomation au Québec : état des lieux, par Michel Perron, octobre 2009)

Mario Girard le dit lui-même : « si je n’étais par devenu ami, par hasard, avec un entrepreneur, jamais l’idée de le devenir moi-même ne m’aurait traversé l’esprit. Je suis devenu entrepreneur par accident… ».

Aujourd’hui, de plus en plus d’écoles développent des projets entrepreneuriaux, qui permettent aux élèves du primaire et du secondaire de mettre en contexte leurs apprentissages et de les mettre en pratique dans l’action. Les résultats sont flagrants, surtout chez les garçons. Pensons par exemple au Centre d’apprentissage et de formation en entrepreneuriat (CAFE) en Mauricie, qui a créé un laboratoire entrepreneurial où on réinvente littéralement l’école, ce qui a permis à des élèves aux prises avec de graves problèmes d’apprentissages et de comportements de raccrocher à travers la création de mini-entreprises ; ou encore à l’école secondaire Vanier de Québec, qui, en milieu défavorisé, a adopté le modèle d’école entrepreneuriale et environnementale pour diminuer le taux d’absentéisme et augmenter le nombre de finissants, et dont les élèves (qui n’avaient pas l’air sages comme des images) ont témoigné de façon éloquente au Forum d’automne. (Consultez les comptes-rendus de leurs interventions au Forum d’automne ici.).

On sait déjà que l’école doit permettre aux garçons de bouger, d’apprendre dans l’action, de sortir des sentiers battus. Elle doit leur accorder un espace où ils pourront exploiter leur créativité, leadership et autonomie. Mais la vraie question, c’est : comment? L’entrepreneuriat semble s’avérer une avenue plus que prometteuse. Les témoignages des jeunes du CAFE, de l’école secondaire Vanier et d’Alexandre Dhimène font réfléchir, et même rêver : et si on arrivait à faire de certains de nos décrocheurs des entrepreneurs? Ne transformerions-nous pas alors le fort « coût de société » en « retombées économiques », et ce, tout en permettant à des jeunes de se réaliser pleinement?

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