Je n’aurais jamais accepté de diriger la Fondation de l’entrepreneurship sans avoir comme assise mes quelque 20 années d’expérience à titre d’entrepreneur en technologie avec des entreprises telles Nstein Technologies. Un bagage qui me permet de faire le pont entre la réalité d’être entrepreneur et celle de l’entrepreneuriat québécois. Et cette dernière m’a été révélée sous un bien mauvais jour avec l’Indice entrepreneurial québécois que la Fondation a lancé en 2009 en collaboration avec Léger Marketing. Mon expérience personnelle et mes fières origines de « bleuet » me permettaient de croire que les Québécois ont l’entrepreneuriat dans le sang. Ah oui? Avec une province qui produit en proportion deux fois moins de propriétaires d’entreprises que partout ailleurs au Canada (16 % au Québec comparativement à 27 %)? On souffre plutôt d’anémie entrepreneuriale aigüe.
Il y a sûrement quelque chose qui va bien, alors? Pas tant que ça, en fait, considérant que la période de démarrage de nos entreprises est plus longue ici que dans le reste du pays… qu’une fois créées, ces entreprises durent moins longtemps… que nos entrepreneurs sont inexpérimentés et que l’entrepreneuriat jeunesse est loin d’être aussi florissant qu’escompté… et qu’on ajoute à cela une culture qui a l’échec en sainte horreur, qui ne sait pas encore comment transmettre son savoir aux générations futures et qui prône certes certaines valeurs, mais surtout pas la performance entrepreneuriale… Finalement, je crois qu’il est temps que j’apprenne le chinois…
La pyramide (ou le « pipeline ») entrepreneuriale
L’entrepreneuriat n’est pourtant pas un concept asiatique, ni d’universitaires en mal d’action. Dans nos villes du Québec, il y a des gens qui pensent entreprendre, d’autres (beaucoup moins nombreux) qui sont passés à l’action. Et une poignée, parmi ceux-là , a réussi à maintenir en vie leurs entreprises. C’est simple, la pyramide (ou le « pipeline ») entrepreneuriale ressemble à ça :
Pour une population de 1000 habitants:
— 535 personnes s’estiment capables de créer une entreprise
— parmi celles-ci, 70 ont l’intention d’entreprendre dans leur vie
— 28,2 sont en phase de prédémarrage
— Sur ces 28,2, seulement 8,3 vont réussir à se rendre à la création d’une entreprise et espérer générer 81,8 nouveaux emplois
— Après 5 ans, 2,9 seront encore en vie, générant un total de 36 emplois
— 1 d’entre elles aura plus de 10 employés
Il faut se donner un objectif collectif d’amĂ©liorer notre « pipeline » entrepreneurial. Il y a plusieurs organismes qui sont sur le terrain et qui interviennent Ă diffĂ©rents niveaux de ce « pipeline ». Prenons par exemple les agents de sensibilisation jeunesse qui vont sur le terrain parler d’entrepreneuriat Ă nos jeunes et qui, par le fait mĂŞme, ont un impact potentiel sur le nombre de personnes qui auront l’intention d’entreprendre. Le Concours quĂ©bĂ©cois en entrepreneuriat, qui en est rendu Ă plus de 52 536 projets entrepreneuriaux dĂ©posĂ©s, a aussi un impact sur le mĂŞme indicateur. D’autres organismes, tels les CLD du QuĂ©bec, travaillent de façon plus ciblĂ©e au prĂ©dĂ©marrage et au dĂ©marrage d’entreprises.
Cependant, en dĂ©pit de toutes ces initiatives, le QuĂ©bec n’a pas rĂ©ussi Ă dĂ©velopper un objectif global et par consĂ©quent des objectifs spĂ©cifiques pour chacune des Ă©tapes du « pipeline », pour ensuite mesurer pĂ©riodiquement l’impact de chacune de ces initiatives. Pourtant, c’est Ă mon avis la seule façon de progresser… C’est d’ailleurs pourquoi la Fondation a créé l’Indice entrepreneurial quĂ©bĂ©cois.Â
La Fondation mène deux grands projets structurants, les CommunautĂ©s entrepreneuriales et le mentorat pour entrepreneurs (via le RĂ©seau M) qui influent, d’une part, sur la culture entrepreneuriale et les intentions d’entreprendre des habitants d’une rĂ©gion et, d’autre part, sur la longĂ©vitĂ© et la santĂ© des entreprises créées. Deux leviers très concrets ayant la capacitĂ© de renverser la vapeur. En effet, l’impact de tels projets sur la pyramide peut ĂŞtre très concret, tel que le dĂ©montrent les donnĂ©es de la Fondation. En effet, en implantant le RĂ©seau M, on peut doubler le taux de survie des entreprises et en implantant quelques pratiques du projet de CommunautĂ©s entrepreneuriales, on arrive au mĂŞme rĂ©sultat pour le taux d’intention d’entreprendre. En ces termes, voici ce que pourrait reprĂ©senter le pipeline amĂ©liorĂ© :
Sur 1000 personnes :
— 535 personnes s’estimeraient capables de créer une entreprise
— De ce nombre, 140 auraient l’intention d’entreprendre dans leur vie
— 56,4 seraient en phase de création
— 16,6 créeraient une entreprise
— Après 5 ans, 11,6 seraient encore en vie
— 4 d’entre elles auraient plus de 10 employés
Les fins d’années sont toujours propices aux bilans et évaluations. En matière d’entrepreneuriat, le Québec est loin d’avoir la note de passage. Et les conséquences peuvent être désastreuses. Si on se donne collectivement le droit à l’erreur, nous pourrons persévérer malgré les obstacles. Cela veut aussi dire que le Québec a encore devant lui de belles opportunités… Et l’entrepreneur en moi n’a qu’une seule envie : les saisir.
 Visionnez l’entrevue donnĂ©e Ă Canal Argent en lien avec ce billet.
Le RĂ©seau M semble ĂŞtre une piste intĂ©ressante pour le dĂ©veloppement du sentiment entrepreneurial, j’inviterai M.Girard a expliquer en dĂ©tail la dynamique de ce RĂ©seau.
Tous les chefs d’entreprise se doivent de comprendre et d’appuyer ce concept afin de l’exploiter au maximum.
Il est clair que le QuĂ©bec est un terrain fertile pour les nouvelles idĂ©es et la crĂ©ativitĂ©, nous n’avons qu’Ă penser Ă la rĂ©-invention du cirque par le Cirque du Soleil ou de la publicitĂ© avec ZoomMĂ©dia. Je crois que la jeune gĂ©nĂ©ration est beaucoup plus entreprenariale que les boomers qui s’en vont Ă la retraite.
Bravo pour les deux nouveaux projets structurants. Ce ne sont pas les idĂ©es qui manquent mais l’Ă©cosystème de support autour.
Je suis un bĂ©bĂ© boomer, et je viens de laisser un job payante pour partir ma propre entreprise. C’est difficile, mais telle exitant de mettre au monde un bĂ©bĂ© tout neuf et d’en faire ce que je veux et non me faire dicter mes actions qui n’allait pas toujours avec mes valeur! Tous les 535 personnes qui s’estiment capable de partir une entreprise devraient arrĂŞter d’avoir peur , de se retrousser les manches et de se lancer!. Avec le travail, on vient Ă bout de tout de partir la roue dans le bon sens.
L’entrepreneuriat s’apprend au primaire tout comme la plupart des disciplines scolaires. En encourageant nos jeunes Ă dĂ©velopper des micro-entreprises dès le primaire, on bâtit une gĂ©nĂ©ration d’enfants qui auront assez confiance en eux pour rester Ă l’Ă©cole et, peut-ĂŞtre, plus tard, oser dĂ©marrer leur propre entreprise. En tout cas, ça marche Ă l’Ă©cole Sainte-Marguerite de Magog.
Bonjour, votre article dĂ©montre bien une chose, crĂ©er et faire vivre une entreprise est très difficile et demande une vocation au mĂŞme titre qu’un artiste ou un joueur de hockey. C’est lĂ que l’on voit pourquoi il y a si peu d’entrepreneur actif. J’aimerais prĂ©senter WordPress QuĂ©bec, sont but est le succès de votre site web d’entreprise.
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Merci de cette tribune, la coopĂ©ration Ă un meilleur ROI que la compĂ©tition…