En direct du second World Entrepreneurship Forum, qui se tient en ce moment à Lyon, je vous livre mes observations de cet événement dont l’objectif est d’identifier et de formuler des recommandations aux policy makers et aux élus.
Entrepreneurs, experts, acadĂ©miques de 40 pays, rassemblĂ©s actuellement dans la capitale des Gaules, ont Ă©changĂ© pendant trois jours de travail intensifs sur une question fondamentale : de quelle façon les gouvernements locaux, rĂ©gionaux et nationaux peuvent-ils soutenir le dĂ©veloppement de l’entrepreneuriat?
Je dois avouer que la diversité des besoins, des perspectives et des moyens exprimés par autant de gens conduit vers des généralités. Vers des recommandations mille fois entendues. Accès au financement, formation des enseignants, déréglementation, etc.
MalgrĂ© tout, je ne reviens pas au pays les mains vides. J’aurais appris ça, plus ton auditoire est variĂ©, plus ta question de travail doit ĂŞtre pointue si tu veux des rĂ©sultats.
J’ai pu observer aussi des tendances qui, je dois l’avouer, me donnent des frissons dans le dos. Elles confirment que l’entrepreneuriat n’est pas une mode en dĂ©veloppement Ă©conomique, mais une vague de fond, qui dĂ©ferle dans un nombre croissant de pays et de territoires. Ă€ ce titre, les pays les plus entrepreneuriaux en ce moment, notons la Chine, Singapour et l’Inde multiplient les efforts afin de faciliter l’entrepreneuriat et soutenir leurs entrepreneurs. Singapour par exemple, a une orientation nationale claire; being a creative and entrepreneurial nation. Les moyens que cette Ă©conomie dĂ©ploie sont tout aussi impressionnants que les rĂ©sultats. Pas Ă©tonnant qu’elle se classe au premier rang des pays oĂą il est facile de faire des affaires, selon le rapport de la Banque mondiale Doing Business.
Les pays de l’Union europĂ©enne embrassent carrĂ©ment l’entrepreneuriat. Ils bĂ©nĂ©ficient de moyens substantiels notamment de fonds d’aide au dĂ©veloppement d’initiatives. Ils font l’envie des Canadiens, je vous le confirme!
Les femmes sont en train de rĂ©volutionner l’Afrique avec une vision très inspirante pour l’avenir. J’oserais mĂŞme dire une vision entrepreneuriale! J’y ai entendu que les Africains ont les ressources et ils doivent se prendre en main. J’y crois. Mais j’ai peur. Car l’immobilisme du Canada en matière d’entrepreneuriat, la rigiditĂ© des politiques et programmes, l’absence de cibles claires et mobilisatrices risquent fort de nous faire perdre du terrain en la matière.
Et vous, ça ne vous donne pas froid dans le dos?
Bonjour Madame Riverin,
Je suis tombĂ© sur cette organisation qui m’a beaucoup inspirĂ© quant Ă une piste de rĂ©flexion, La CUMO, CoopĂ©rative d’utilisation de main-d’oeuvre agricole. Une merveilleurse organisation nĂ©e d’un principe vieux comme le monde, mais qui aujourd’hui semble difficile de mettre en oeuvre sans structure fiscale ou contractuel. Il faut programmer ou « informatiser » la coopĂ©ration et l’entraide!
Ă€ ce titre, le terme de partage conserve t’il son essence?
Il semble bien que ce soit l’esprit communautaire, le partage et la conscience de l’autre qui prime dans le succès entrepreneuriale et le goĂ»t d’entreprendre. En outre, l’esprit de corps et l’acte volontaire.
Comme quoi, aujourd’hui, dans notre sociĂ©tĂ© de l’information, il faut diagnostiquer, structurer et mettre en oeuvre des programmes laborieux avant mĂŞme d’envisager de mettre l’Ă©paule Ă la roue.
Si l’individualisme prime rĂ©ellement dans notre collectivitĂ©… reconnaitrons-nous toujours les mots ou le vocabulaire pour arriver Ă nos fins?
Aurions-nous oublié une partie de leurs significations?
Jean-Pierre Barrette
je trouve l’anlyse de Nathaly très juste.
Du moins en ce qui concerne l’Afrique. J’ai l’impression que les chjoses commencent Ă se mettre en place, les mentalitĂ©s commencent Ă changer, mais je ne suis pas sĂ»r que les responsables politiques bougent ans bon sens. mais’ c’est dĂ©jà ça pour le dĂ©but. Merci de nous faire partager ces grandes idĂ©es.