Notre perception se confirme : le portrait entrepreneurial des 18-34 ans du Québec, comparativement aux jeunes du reste du Canada, n’est pas nécessairement « rose », et certains chiffres viennent le confirmer :
La note de recherche que la Fondation a fait paraître le 12 février avance de nombreuses pistes explicatives quant à cette performance à améliorer.
Dans ce billet sur la génération Y, ma collègue témoignait que les moins de 30 ans sont animés par des valeurs entrepreneuriales fortes (créativité, innovation, besoin de défis, liberté, goût du risque, etc.). Elle se questionne par contre à savoir s’ils réutiliseraient ces caractéristiques dans le cadre de la création d’une entreprise. Notre étude sur l’entrepreneuriat jeunesse m’amène à la même réflexion.
Les secteurs à faible valeur ajoutée risquent fort d’être prédominants
Malgré le fait que cette génération vit en parfaite symbiose avec les nouvelles technologies, on remarque que les jeunes démarcheurs du Québec créent très peu dans des secteurs à forte valeur ajoutée (ex. : technologie de l’information et informatique, ingénierie, comptabilité, recherche, gestion, services professionnels et d’affaires) au profit du commerce de détail. En fait, ces secteurs font l’objet de démarches de création chez deux fois moins d’entrepreneurs québécois que canadiens (certains secteurs jusqu’à quatre fois moins). Ce n’est donc pas pour créer des entreprises plus complexes et à plus forte valeur ajoutée que les jeunes traînent à l’étape du démarchage, retardant la création réelle de leur entreprise.
Malheureusement, il semble qu’être plus disposé à entreprendre ne signifie pas pour autant entreprendre réellement, pas plus que de maîtriser certaines technologies n’entraîne l’exploitation de celles-ci dans le cadre d’un projet d’entreprise. Du coup, je remets en question fortement la qualité de l’entrepreneuriat québécois futur. Si les jeunes ne se dirigent pas vers les secteurs à forte valeur ajoutée, qui le fera?
Nous avons toutefois observé un lien entre la première expérience de création (ce qui est le cas de 83 % des jeunes démarcheurs québécois) et le choix d’un secteur à plus faible valeur ajoutée. Peut-être faut-il seulement donner à nos jeunes l’opportunité d’acquérir de l’expérience en affaires dans des secteurs moins complexes et qui demande moins d’investissement pour qu’ils se dirigent ensuite, tout naturellement, vers des secteurs à plus forte valeur ajoutée? Cette solution me semble simpliste et pas nécessairement garante de résultats… surtout lorsqu’on sait que les entreprises qui survivent le mieux se retrouvent généralement dans des industries réglementées et dans celles où la concurrence et les taux de création sont faibles.
Nouvelle positive : l’intention des jeunes de créer ou de reprendre une entreprise existante
Nonobstant ce portrait où il est clair que le Québec doit redoubler d’ardeur, une nouvelle crée l’espoir. Les jeunes Québécois ont certes moins l’intention d’entreprendre, mais l’écart avec les jeunes Canadiens est moindre. Autrement dit, est-ce que les jeunes Québécois attendront quelques années avant de se lancer en affaires?
C’est en travaillant sur la culture entrepreneuriale que le Québec pourra améliorer son écart avec le reste du Canada. Il importe maintenant de faire passer ces intentions en actions de création et en entreprises, ce qui n’est pas une mince affaire. Des programmes comme le Défi de l’entrepreneuriat jeunesse et de Communautés entrepreneuriales ont un rôle important à jouer à cet égard.
Les résultats de cette étude me laissent perplexe et me convainquent qu’il faut y voir sans plus tarder. Et vous, percevez-vous l’urgence d’agir? Pour le moins, il semble que l’entrepreneurship soit devenu une priorité stratégique pour le gouvernement du Québec, ce qui est déjà un pas dans la bonne direction.

Entreprendre en technologie demande du capital. Ce sont des modèles d’affaires plus complexes qui demandent du temps et donc par le fait même, de l’argent.
Je pense que les jeunes entrepreneurs se lancent souvent dans des domaines qu’ils peuvent financer au lieu des domaines dans lesquels ils peuvent inventer.
La frilosité du capital de risque des dernières années a beaucoup nui à l’innovation, surtout chez les jeunes entrepreneurs. Espérons que le vent de changement qu’on sent en ce moment pour les technologies (surtout internet) amènera un peu de capital de démarrage au Québec…
On ne fait pas de feu sans combustible…
19 février 2010
Bonjour à vous,
Des bonnes idées, il y en a beaucoup auprès de notre jeunesse!
Toutefois leur taux d’endettement personnel est souvent élevé et elle possède très peu de liquidité…
Il y a beaucoup d’organisation qui peuvent soutenir techniquement l’entrepreneuriat mais l’échec est au point de vue financement!
Je suis enseigante en Lancement d’une entreprise depuis 10 ans, cette année ma clientèle a diminué: j’ai de moins en moins de jeunes et beaucoup moins de femmes!
Je constate également que la participation des écoles primaires et secondaires participent beaucoup moins au « Concours québécois en entrepreneuriat » est-ce un autre symptôme?
Monsieur Serge Lachapelle a parfaitement raison en disant » Je pense que les jeunes entrepreneurs se lancent souvent dans des domaines qu’ils peuvent financer au lieu des domaines dans lesquels ils peuvent inventer ».
Il faut trouver les bons « POURQUOI » pour trouver des solutions…
De 1995 à 2005, la nouvelle n’avait que des éloges pour le rendement et les hauts salaires. Même avec une crise boursière au début de ce millénaire, la preuve était faite, qu’il était facile de s’en sortir et de continuer à faire des profits avec peu d’effort.
Ces messages avaient aux oreilles de ces jeunes futures entrepreneurs, une connotation de facilité. Les références liées aux efforts, aux dépassements, aux risques, au positionnement de marché, mais le plus important, le temps nécessaire à la croissance de l’entreprise devenaient floues.
Je constate que ces messages étaient sommes toutes, très différents de ceux que j’ai reçu dans la période de 1975 à 1985.
Pourquoi moins d’entrepreneur ici, qu’ailleurs au Canada ? J’aurais tendance à faire un lien avec notre endettement national. L’image de cette dette, nous renvoie le reflet de notre entêtement à avoir plus, pour moins.
Aujourd’hui, j’aurais tendance à m’objecter au démarrage à outrance de nouvelles entreprises par de jeune entrepreneur. Mais, cela serait à l’encontre de l’assouvissement des pulsions créatives. En contrepartie, combien de jeunes entrepreneurs potentiels doivent baisser les bras par manque de formation sociaux économiques.
Le soutient au démarrage, le transfert des connaissances, le mentorat d’affaire (je suis rendu à ma 7e diade) sont des moyens efficaces et essentiels, mais il en faut encore plus. Plus de financement à risque, plus de confiance, plus de support, plus de marché.
Il est clair que la formation entrepreneurial (ici je parle de développer le goût et le savoir faire) est trop faible au Québec. Nous avons un nouveau message à transmettre, soit celui de la persévérance, de l’écoute, du partage et surtout la fierté de réussir.
Bonjour,
Je suis relativement jeune, 31 ans, et l’idée de lancer une entreprise me plaît. Là où ça bloque, c’est de trouver l’idée qui possède un très bon potentiel de développement et de profitabilité.
Je n’exclus pas l’idée que la facilité, dont parle Jean St-Onge au 2e paragraphe, puisse être un facteur qui en décourage plusieurs, car c’est vrai qu’une entreprise demande temps, énergie, efforts, capital de risque, etc.
On a eu l’expérience de grandes réussites (google, facebook, etc.) comme si ç’avait été facile. On se dit « ils ont eu un coup de chance, le bon timing ». Maintenant, qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui qui profitera d’un bon timing? Qu’est-ce que le timing? J’en entends déjà dire « C’est maintenant le bon moment! » ou « Le plus tôt le mieux! » Fine! Mais ça ne veut rien dire pour un novice…
Par ailleurs, on a l’impression, fausse la plupart du temps, que tout a été pensé, inventé, crée… qu’est-ce qui nous reste à faire? Où innover? On pense aussi à la planète, aux ressources qui ne sont pas illimitées. Donc l’idée de produire un bien de plus servant à la consommation est, pour moi, plus ou moins concevable.
Je note aussi l’hypothèse de l’endettement comme facteur de découragement au lancement d’entreprise. Il faut du capital et si notre situation financière est déjà précaire, c’est un risque trop grand à courir. Je ne suis pas surendetté et j’utilise le crédit intelligemment, mais n’empêche que les risques qui y sont liés portent à réfléchir sérieusement.
J’ajouterai la barrière de la langue. L’anglais est une langue essentielle en affaires. Je ne connais pas le statut du bilinguisme des jeunes Québécois moyens, mais pour plusieurs, cela peut peut-être en rebuter. À vérifier. Tandis que les jeunes Canadiens parlent déjà anglais… c’est peut-être facile comme argument, mais si on l’ajoute aux autres, ça fait déjà beaucoup de petites barrières à dépasser.
De plus, il me paraît que tout va plus vite et devient plus complexes. N’a-t-on pas aussi peur que le projet entrepreneuriale ne devienne trop gros et impossible à gérer?
Enfin, je note l’apport du mentorat d’affaire comme un catalyseur du succès des jeunes entrepreneurs. Je suis tout à fait d’accord qu’il faille favoriser son essor et, surtout, le développement d’une culture mentorale qui, sauf erreur de ma part, est bien plus implantée dans le monde anglophone.
Aux plaisirs!