La Fondation de l’entrepreneurship a mené en février 2009 le plus grand sondage sur l’entrepreneuriat québécois – l’Indice entrepreneurial québécois. Réalisé en collaboration avec la firme Léger Marketing, il a démontré que le Québec « produisait » deux fois moins d’entrepreneurs que partout ailleurs au Canada et que les entreprises québécoises survivaient moins longtemps également…
C’est à la suite de cette étude que le 25 mai dernier, Mario Girard, président-directeur général de la Fondation de l’entrepreneurship et Alain Aubut, vice-président responsable du Réseau de mentorat d’affaires (Réseau M) ont annoncé en conférence de presse nationale la mise sur pied rapide d’un projet d’affaires qui appuiera les entrepreneurs aux quatre coins du Québec : l’expansion du Réseau national de mentorat d’affaires de la Fondation de l’entrepreneurship qui, depuis le 5 octobre 2009, prend désormais le nom de Réseau M.
 Mentorat pour entrepreneurs : un service prometteur qui continue de faire ses preuves
Depuis l’année 2000, le service de mentorat d’affaires qu’offre la Fondation et ses partenaires a permis de réaliser plus de 3 600 jumelages mentor-mentoré et de doubler le taux de survie des entreprises, le faisant passer de 34 % (taux moyen) à 73 % (entreprises mentorées) 1.
Le mentorat d’affaires double les chances de survie des entreprises
La Fondation et le milieu des affaires se mobilisent donc cette année pour déployer le service, initialement offert dans certaines localités du Québec, sur une base nationale avec l’objectif d’offrir à tous les entrepreneurs québécois qui le désirent un service d’accompagnement de haut calibre par des gens d’affaires d’expérience et ainsi leur donner toutes les chances de cheminer vers le succès et la croissance. Selon Mario Girard : « Le réseau est assez solide et possède une crédibilité et une notoriété lui permettant d’être déployé à plus grande échelle.» Ainsi, le plan à court terme (2 ans) de la Fondation vise à  :
D’implantations locales à un véritable réseau national
Le service, actuellement déployé dans 67 « cellules » (organismes porteurs tels les CLD, SADC et Chambres de commerce), sera soutenu par 19 nouveaux conseils régionaux assurant la promotion du service dans toutes les régions du Québec. Développés sur les acquis des cellules existantes, les conseils régionaux permettront de rassembler régionalement tous les ambassadeurs du mentorat d’affaires (intervenants en développement économique, mentors, partenaires, etc.) sous une même « direction », composée d’une majorité de mentors, d’un représentant de la Fondation et qui pourra être complétée par des représentants d’organismes publics ou privés. C’est en effet le Conseil régional qui aura la responsabilité de veiller au déploiement du mentorat d’affaires, d’établir les grandes orientations et les stratégies sur le territoire régional.
La Fondation sera quant à elle responsable de la promotion nationale, de définir et d’encadrer la pratique du mentorat d’affaires, de diffuser les meilleures pratiques d’affaires, d’établir les règles d’éthique et de gouvernance, de dynamiser le Réseau en organisant des rassemblements nationaux, d’assurer le perfectionnement des mentors et des gestionnaires des Conseils régionaux ainsi que de développer des outils administratifs et de communication interne.
 La Capitale-Nationale ouvre la marche : un premier Conseil régional est créé avec la Corporation SAGE
La Corporation SAGE de Québec, fondée en 1983, est la première cellule régionale de mentorat d’affaires de la Fondation de l’entrepreneurship à avoir été créée (en 2000). Elle est également la première à s’être dotée d’un Conseil régional en septembre dernier. Son organisation à titre de corporation indépendante à but non lucratif – contrairement à d’autres cellules qui sont une branche d’un organisme de développement économique – a servi d’inspiration pour penser le fonctionnement des 19 futurs conseils régionaux qui seront créés à travers le Québec. De plus, la portée de SAGE est véritablement régionale, chapeautant les actions de groupes de mentors locaux comme dans Portneuf, Charlevoix ou sur la Côte-de-Beaupré, affiliée à des organismes de développement économique, mais relevant tout de même de l’entité régionale SAGE.
« Le modèle de SAGE est bien rodé et avait suffisamment de vécu pour nous aiguiller dans nos réflexions en matière de restructuration », a déclaré Alain Aubut, qui siégeait comme président du C.A. de SAGE avant de prendre les commandes du plan d’expansion du mentorat d’affaires à la Fondation de l’entrepreneurship à titre de vice-président du Réseau M.
Par son grand nombre de mentors (au-delà de 100) et de mentorés (156), SAGE a eu besoin de s’organiser de façon plus officielle il y a bien longtemps, notamment en embauchant des ressources permanentes, en formant un C.A. et en prenant en charge sa recherche de financement. Cette situation commençait à être vécue par d’autres cellules locales au Québec. La nouvelle structure des conseils régionaux, « testée et éprouvée », qui leur est maintenant proposée leur permettra d’arriver plus rapidement à leurs fins, et ce, sans se faire concurrence entre elles pour le financement. Avec la nouvelle structure régionalisée, les plus petites cellules continueront à offrir le service partout sur le territoire tout en s’alliant au Conseil régional pour mettre en commun leurs idées, leurs contacts, leurs forces et leurs énergies pour faire croître le mentorat d’affaires dans leur région. Chaque cellule locale aura sa place au C.A. régional et pourra prendre part aux décisions. D’ailleurs, la Corporation SAGE a récemment ajusté la composition de son C.A. pour répondre à ces exigences.
Actions nationales pour une notoriété sans faille
Cet hiver, le Réseau M devrait être sur toutes les lèvres dans le milieu des affaires et au sein des regroupements d’entrepreneurs de tous âges. Le rôle de la Fondation sera justement d’appuyer les efforts de communication et de promotion locaux qui existent déjà dans plusieurs régions par des actions à l’échelle du Québec tout entier, via les médias nationaux et la négociation de partenariats financiers « cadre ». Comme le précise Alain Aubut, l’objectif de la réorganisation est de multiplier les points d’impact en rendant complémentaire chacune des actions : « Cette nouvelle distribution des rôles permettra à chaque Conseil régional de s’adapter à sa réalité locale. Toutefois, le service offert sera régi par la Fondation, et tous sauront qu’avoir recours au mentorat du Réseau M, n’importe où entre Gaspé et Val-d’Or, est un gage de qualité. »
 La communauté d’affaires se mobilise
Avant d’arriver à la Fondation, l’entrepreneur Mario Girard ne connaissait pas le programme de mentorat d’affaires. Aujourd’hui, il lui apparaît inconcevable que ses « collègues » entrepreneurs restent dans l’ignorance : « Non seulement avons-nous besoin d’eux dans le réseau comme mentors, mais nous avons avant tout besoin d’eux comme ambassadeurs. S’ils reconnaissent la valeur du Réseau M et y adhèrent, ils s’assureront que leurs amis, leurs partenaires et la relève y adhèrent également. »
 Le 25 mai dernier, pour l’annonce officielle du projet, quatre piliers du paysage économique québécois ont répondu à l’appel de la Fondation et ont accepté de s’impliquer dans la promotion de ce projet auprès de la communauté d’affaires : André Bérard, ancien chef de la direction de la Banque Nationale du Canada, Marc Dutil, président du Groupe Canam et fondateur de l’École d’entrepreneurship de Beauce, Jean-Marc Léger, président de Léger Marketing et collaborateur à l’Indice entrepreneurial québécois, et Alain Lemaire, président et chef de la direction de Cascades et président du C.A. de la Fondation.
 La Fondation a par la suite annoncé officiellement en août dernier la nomination de messieurs Dutil et Léger ainsi que de M. Michel Bundock, directeur général du Groupement des chefs d’entreprise du Québec, à titre d’administrateurs de son C.A. Mario Girard commente : « L’expérience et le réseau de ces trois hommes d’affaires aguerris sont un atout indéniable pour la Fondation. Dans leurs sphères respectives, ils sont appelés à accélérer le déploiement de nos projets structurants pour le Québec. »
En plus d’espérer convertir plusieurs nouveaux entrepreneurs de renom en mentors, Mario Girard rêve de voir des entrepreneurs un peu plus expérimentés, « des gazelles », ainsi que ceux qui font rarement appel aux organismes de développement économique grossir les rangs des mentorés. « Nous savons déjà que moins de 30 % des entrepreneurs ont recours aux organismes de développement économique. Imaginez l’impact que nous pourrons avoir sur l’économie du Québec si une majorité d’entrepreneurs ont recours à un mentor! »
Un Réseau M « tissé serré »
Le Réseau M s’appuie sur une vaste gamme de programmes et offre des outils performants qui visent à permettre aux membres d’être véritablement interconnectés, et ce, malgré la distance entre leurs patelins respectifs. Entre autres, elle offre des ateliers de perfectionnement aux mentors, chefs mentors, coordonnateurs et mentorés ainsi qu’un programme de reconnaissance de l’apport exceptionnel et de l’implication bénévole des mentors. La contribution exceptionnelle d’un membre du réseau est également reconnue annuellement par le prix Mentoras. En matière de communication interne, la Fondation assure la parution du Magazine Le Mentor, qui sert également d’outil de promotion, ainsi que de l’infolettre mensuelle électronique Le Mentor express, qui permet d’être au courant de ce qui se passe ailleurs dans le réseau, et ce, toute l’année durant.
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1 Taux de survie des nouvelles entreprises au Québec, MDEIE, mai 2008