Le rapport de l’OCDE1 sur les pratiques visant à stimuler l’esprit d’entreprise chez les jeunes conclut que la promotion de la culture entrepreneuriale peut aider à résoudre plusieurs problèmes dont celui du chômage chez les jeunes, touchant tous les pays industrialisés. Cependant, l’enseignement et la formation en entrepreneuriat, identiques pour les entrepreneurs et les salariés modernes, se doivent d’être revus et corrigés.
De plus, il apparaît que les mesures en faveur de l’entrepreneuriat par des jeunes peuvent remplir deux autres fonctions importantes dans des sociétés modernes en proie aux bouleversements liés à la mondialisation.
Premièrement, la création d’entreprises en général, et par les jeunes en particulier, peut être un levier de croissance créatrice d’emplois. Elle permet de rejoindre les impératifs de flexibilité, de capacité d’adaptation rapide et d’innovation auxquels doivent se plier nos économies pour rester compétitives.
Deuxièmement, la mondialisation pousse Ă accentuer la dimension rĂ©gionale et locale des stratĂ©gies de dĂ©veloppement Ă©conomique. Ainsi, la promotion de l’entrepreneuriat au niveau local, surtout auprès des jeunes, doit occuper une place centrale dans la stratĂ©gie pour freiner l’exode des individus talentueux vers les centres industriels, un phĂ©nomène caractĂ©ristique de l’ère industrielle aujourd’hui pratiquement rĂ©volue.Â
Instaurer des politiques cohĂ©rentesÂ
Les recommandations interpellent directement les gouvernements, lesquels n’ont pas tous mis en place des politiques cohérentes pour stimuler l’entrepreneuriat chez les jeunes. Pour être « cohérente », une politique ne doit pas nécessairement amener la mise en place d’un dispositif complet, doté d’importants moyens, structuré et subventionné. Il importe plutôt que les instances gouvernementales fassent preuve d’une forte volonté politique de voir tous les intervenants agir à l’unisson pour promouvoir l’esprit d’entreprise chez les jeunes. Si cette condition est remplie, les pouvoirs publics pourront trouver une multitude de moyens de favoriser à moindre coût la coopération et la coordination entre les programmes concurrents comme organiser des conférences pour amener les différents acteurs à prendre conscience des synergies possibles entre eux, donner accès à des banques de données centralisées ou encore soutenir la recherche opérationnelle et en diffuser les résultats.
Le rĂ´le crucial des organismes
On peut raisonnablement s’attendre à ce que les programmes publics en faveur de l’entrepreneuriat soient de portée limitée et s’attardent davantage à encourager l’initiative qu’à fournir de l’aide financière. En ce sens, la responsabilité d’organiser et soutenir l’action revient aux organismes privés et à but non lucratif. À cet effet, l’OCDE formule quelques recommandations :
L’éducation
La préparation scolaire des entrepreneurs potentiels constitue un aspect important des recommandations. Plus l’éducation à l’entrepreneuriat aura une dimension locale, mieux elle permettra de retenir dans des régions concernées des personnes compétentes qui deviendront des citoyens actifs et des travailleurs performants.
Par contre, l’enseignement de l’entrepreneuriat ne peut reposer uniquement sur les professionnels de l’éducation. L’exemple du programme Junior Achievement, lancé aux États-Unis il y a 75 ans, a ouvert la voie à la coopération, principalement auprès des milieux d’affaires et des non-spécialistes travaillant avec les écoles. Ce modèle a été suivi depuis dans pratiquement tous les pays. Ce type de collaboration semble une formule viable en matière d’éducation à l’entrepreneuriat.
Dans l’ensemble de la zone de l’OCDE, de nombreuses expériences réussies prouvent maintenant que les efforts de développement local basés sur le partenariat entre pouvoirs locaux, associations de citoyens, entreprises et écoles stimulent l’entrepreneuriat, y compris chez les jeunes, ce qui favorise le dynamisme économique et la création d’emploi.
Face à ces recommandations, nous comprenons que l’entrepreneuriat jeunesse représente bien plus qu’une piste de solution pour contrer les divers problèmes sociaux et économiques des pays industrialisés. Il s’inscrit véritablement comme une nécessité, partout sur la planète. Nous n’avons pas fini d’en entendre parler et c’est tant mieux !
1 OCDE : Organisation de coopération et de développement économiques. Toutes les données de ce bulletin sont extraites du rapport intitulé « Encourager les jeunes à entreprendre les défis politiques », Développement territorial, 2001.