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Des organismes jeunesse peu axĂ©s sur l’entrepreneuriat

Des organismes jeunesse peu axĂ©s sur l’entrepreneuriat

Les 24 et 25 fĂ©vrier dernier, j’ai eu le privilège de participer aux journĂ©es rĂ©seautage organisĂ©es par le SecrĂ©tariat Ă  la jeunesse. Une centaine d’organismes reprĂ©sentant et/ou Ĺ“uvrant auprès des jeunes ont rĂ©pondu positivement Ă  l’invitation du SAJ Ă  faire partie du RĂ©seau des partenaires de la StratĂ©gie d’action jeunesse 2009-2014 (dont un volet complet est dĂ©diĂ© Ă  l’entrepreneuriat).

L’objectif de cette rencontre était de partager l’expertise de chaque organisme partenaire, de dégager des pistes de solution sur les enjeux auxquels sont confrontés les jeunes et ultimement de créer des partenariats avec des acteurs partageant les mêmes visées.

Je suis sortie de ces deux journĂ©es marathon ravie et impressionnĂ©e par tant d’idĂ©es, de points de vue et d’Ă©changes (dĂ©bats!) animĂ©s. Voici les thèmes abordĂ©s dans les ateliers auxquels j’ai assistĂ© :

  • Le portrait dĂ©mographique des jeunes au QuĂ©bec dressĂ© par Jacques LĂ©garĂ©, professeur Ă  l’UniversitĂ© de MontrĂ©al. Son principal constat : les jeunes vont vivre de plus en plus vieux, mais de plus en plus en mauvaise santĂ©.
  • Accès aux Ă©tudes collĂ©giales et persĂ©vĂ©rance scolaire des Ă©tudiants fragilisĂ©s (France Picard, UniversitĂ© Laval). Le système scolaire est trop sĂ©lectif. Mise en place d’un programme, le SAI (Session d’accueil et d’intĂ©gration), qui facilite les chances d’intĂ©grer le cĂ©gep de certains Ă©lèves. Ce système favorise la rĂ©silience chez les Ă©lèves et leur permet une Ă©galitĂ© des chances.
  • La formation professionnelle et technique des jeunes (Pierre Doray, UQAM). Beaucoup d’évĂ©nements nuisent au parcours scolaire de l’élève. Adapter les Ă©tudes Ă  la rĂ©alitĂ© de l’enfant et prendre en compte ses considĂ©rations (pas uniquement celles des parents). Une belle occasion de parler d’entrepreneuriat… pourtant, nĂ©ant.
  • Les rĂ©seaux sociaux des jeunes adultes diplĂ´mĂ©s en situation de prĂ©caritĂ© (Sylvain Bourdon, UniversitĂ© de Sherbrooke). IntĂ©gration des rĂ©seaux sociaux dans la vie d’un jeune permet de briser l’isolement et de faire en sorte qu’il raccroche alors qu’il est en situation de prĂ©caritĂ©.
  • Le travail durant les Ă©tudes (Jacques Roy, cĂ©gep de Sainte-Foy). Les jeunes passent plus de temps Ă  travailler (+ de 17 h/ sem.) qu’à Ă©tudier. Ils participent activement Ă  la sociĂ©tĂ© de consommation et sont en quĂŞte de leur autonomie. Source de dĂ©motivation pour Ă©tudier.
  • Le travail atypique et son impact sur les jeunes (Jean Bernier, UniversitĂ© Laval). Il s’agit de la voie d’accès au marchĂ© de l’emploi. Mais l’inadĂ©quation de nos lois du travail face au travail atypique rĂ©duit les jeunes Ă  la prĂ©caritĂ© de l’emploi. Bref, les jeunes travailleurs n’ont pas les mĂŞmes droits qu’un travailleur syndiquĂ©.
  • La santĂ© et la sĂ©curitĂ© au travail des jeunes travailleurs (Élise Ledoux, Institut de recherche en santĂ© et sĂ©curitĂ© au travail). Les lĂ©sions professionnelles dont sont victimes les jeunes travailleurs et les consĂ©quences sur leur parcours de vie.
  • ConfĂ©rence de Richard Desjardins sur le dĂ©crochage scolaire, dg du CJE d’Autray-Joliette et prĂ©sident de l’organisme Partenariat pour la persĂ©vĂ©rance scolaire. La rĂ©ussite scolaire est une responsabilitĂ© Ă  partager. Il faut donner aux jeunes le goĂ»t d’aller Ă  l’école et ne pas leur dire « parce qu’il faut le faire ».
  • ConfĂ©rence sur le passage Ă  la vie active (François Vincent, analyste politique de la FCEI)
  • Ateliers-rĂ©seautage sur le dĂ©crochage scolaire et le passage Ă  la vie active oĂą chaque partenaire faisait valoir son expertise pour ces thĂ©matiques.

Première rencontre du RĂ©seau Jeunesse qui fut somme tout un succès. Une incroyable volontĂ© d’aider les jeunes et un grand sentiment de mobilisation Ă©taient ressentis lors des tables rĂ©seautage ce qui, je le souhaite, sera Ă  l’origine de bien des projets et de bien des partenariats facilitant la rĂ©ussite et l’intĂ©gration de nos jeunes dans la sociĂ©tĂ©.

Mais Ă  mon grand dĂ©sarroi, je me rends compte que la culture entrepreneuriale fait encore dĂ©faut dans le milieu jeunesse, n’Ă©tant pas envisagĂ©e comme antidote Ă  bien des maux que vivent nos jeunes. Il reste certainement un combat de longue haleine Ă  mener. Nous devons encore convaincre des bienfaits de l’entrepreneuriat, surtout les organismes jeunesse qui, sauf une minoritĂ©, voient encore l’entrepreneuriat comme l’apogĂ©e du capitalisme sauvage (j’exagère Ă  peine).

Un grand travail sur la culture entrepreneuriale reste à faire. La révolution des cultures, dont parlait le ministre des Finances, Raymond Bachand Bachand, doit passer inéluctablement par la révolution de la culture entrepreneuriale. Comme le disait Nathaly Riverin dans son dernier billet, avant toute chose « pour révolutionner notre culture d’État-providence, commencer à véritablement créer de la richesse et façonner notre autonomie, [la solution de l’entrepreneuriat] devra incontestablement s’adjoindre une bonne dose de détermination politique. »

J’espère qu’un jour le métier d’entrepreneur en sera un aux yeux de tous, permettra à plus de jeunes de visualiser et expérimenter à quoi peuvent « servir » leurs apprentissages et deviendra une source de motivation scolaire. Je salue pour l’heure l’initiative du Secrétariat à la Jeunesse pour sa Stratégie d’Action jeunesse.

Je serai prĂ©sente l’annĂ©e prochaine, mais en attendant de voir si la place de l’entrepreneuriat dans la sociĂ©tĂ© quĂ©bĂ©coise sera davantage reconnue, la Fondation de l’entrepreneurship et ses partenaires continueront Ă  valoriser nos jeunes, Ă  concrĂ©tiser le gisement d’idĂ©es innovantes et surtout Ă  contaminer le QuĂ©bec de son enthousiasme entrepreneurial, notamment Ă  travers son Forum d’automne annuel.

Et vous, croyez-vous en la place de l’entrepreneuriat comme solution pour nos jeunes?

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