Un passager d’un avion de la compagnie amĂ©ricaine Northwest Airlines assurant la liaison entre Amsterdam et Detroit a Ă©tĂ© maĂ®trisĂ© le jour de NoĂ«l après avoir tentĂ© de faire sauter l’appareil avant l’atterrissage. Depuis, les appels et courriels arrivent des quatre coins du monde chez Optosecurity, une entreprise technologique de QuĂ©bec. C’est que son produit rĂ©volutionnaire, l’Optoscreener, permet d’automatiser complètement le contrĂ´le des bagages aux rayons X et d’identifier les armes et leurs pièces dĂ©tachĂ©es, ainsi que les gels et liquides pouvant ĂŞtre dangereux. DĂ©jĂ , sa technologie est testĂ©e partout dans le monde. Le dĂ©partement de DĂ©fense amĂ©ricaine est l’un des clients les plus importants.
Quelle fierté qu’une entreprise de chez nous réussisse à se démarquer de la sorte! Le Québec compte d’ailleurs plusieurs entreprises technologiques à l’avenir prometteur (clients internationaux, créations de plusieurs emplois à valeur ajoutée, etc.). Mais avant d’arriver là , qui étaient-ils, ces entrepreneurs en technologie? C’est ce que j’ai demandé à Éric Bergeron, ingénieur physique, P.D.G. et fondateur d’Optosecurity. (www.optosecurity.com)

M. Bergeron, quelle est votre histoire en tant qu’entrepreneur?
J’ai étudié le génie physique à l’Université Laval. D’aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours caressé le rêve de bâtir ma propre entreprise. Au début, cependant, je doutais. Je me demandais si j’y arriverais un jour, si j’aurais les ressources, je trouvais ça risqué aussi.
Je me souviens que lorsque je travaillais pour une entreprise en télécommunication, au début de ma carrière, je m’ennuyais royalement. Je lisais souvent des livres sur le démarrage d’entreprise, sur comment monter son plan d’affaires. Après environ 15 ans de carrière, j’ai travaillé dans le milieu du capital de risque – et j’y ai réalisé que ce n’était pas vraiment compliqué. Une fois que j’ai eu compris comment ça fonctionnait, j’ai décidé de me lancer, que ça valait la peine de tout risquer.
Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à entreprendre?
Je crois que comme la plupart des entrepreneurs, je voulais d’abord me réaliser et enfin être « libre », être mon propre patron. Créer, concrétiser ma vision, être le maître de mes actions et de mon entreprise… en espérant évidemment faire fortune!
En quoi la réalité d’un entrepreneur en technologie est-elle différente de celle d’un autre entrepreneur?
En technologie, il y a un double risque. Le risque commercial, trouver preneur pour son produit, et le risque technologique. Au départ, on a un « rêve technique » et on passe des mois, voire des années en recherche et développement. On explore l’inexploré, on innove. On ne sait jamais si la technologie va fonctionner. On a aussi besoin de beaucoup d’investissements pendant les premiers temps. Pendant la R. et D. initiale, comme notre produit n’est pas commercialisé, on ne perçoit aucun revenu de vente. Tout ça est un grand risque, mais c’est à mon sens ce qu’il y a de plus excitant également : créer quelque chose qui n’existait pas avant.
En quoi la réalité d’un entrepreneur en technologie au Québec est-elle différente de celle d’un entrepreneur en technologie d’ailleurs?
Entreprendre au QuĂ©bec a ses avantages et ses dĂ©savantages. Évidemment, il est plus facile de lever du financement Ă Silicon Valley que ce ne l’est ici. Mais au moins, ce n’est pas comme en Europe… Par ailleurs, il est plus facile ici de recruter de la main-d’Ĺ“uvre spĂ©cialisĂ©e, notamment en gĂ©nie. C’est autre chose pour le secteur des ventes et du marketing international, par contre.
Vous participez au Programme Croissance Québec Techno. Quelle est la valeur ajoutée de ce programme pour les entrepreneurs d’ici, à votre avis?
CQT permet de court-circuiter la courbe d’apprentissage par « essai et erreur ». Il est une voie rapide vers l’atteinte d’un certain niveau de « professionnalisme » et de compétitivité internationale.
CQT est un programme de formation pointu offert aux chefs d’entreprises et hauts gestionnaires québécois ambitieux et qui vise à faire passer leurs PME technologiques d’un chiffre d’affaires annuel de 1 M$ à 20 M$ sur un horizon de 5 ans. Les personnes intéressées à vivre un aperçu du programme sont invitées au colloque de formation CQT donné par les « serial entrepreneurs » du MIT Entrepreneurship Center qui se tiendra le 8 mars 2010 à Montréal. Pour consulter l’agenda et s’inscrire : www.entrepreneurshipsummit.com