À 37 ans, Pascal Pilon se trouve à la tête d’Averna Technologies, une société d’ingénierie de tests florissante. Offrant des logiciels, des solutions et des services à l’échelle mondiale, Averna vise l’accélération du développement et l’amélioration de la qualité des produits électroniques de ses clients. Diplômé en génie informatique de l’École polytechnique de Montréal et détenteur d’un MBA, obtenu alors qu’il travaillait déjà à temps plein, Pascal Pilon se lance dans les affaires en octobre 1999 avec deux de ses amis. Le trio, qui se complète à merveille, s’impose rapidement dans le domaine de la conception de logiciels et de systèmes de tests et mesures. Neuf ans plus tard, Averna a su habilement se diversifier. L’entreprise a désormais pignon sur rue dans la Cité Multimédia de Montréal mais également à Palo Alto (États-Unis), à Belfast (Irlande du Nord) et à Toronto. Elle emploie 230 personnes. Averna entend continuer sur sa lancée en développant son réseau de vente directe et indirecte à travers le monde (Allemagne, Japon et Asie en tête) et en améliorant son taux de pénétration sur les marchés existants.
Qu’est-ce que l’entrepreneur que vous êtes aujourd’hui, aimerait enseigner à celui que vous étiez à 30 ans?
PP : Le bon leader doit avant toute chose bien définir sa niche. Il est primordial de chercher à commercialiser quelque chose qui nous différencie des autres et de ce fait même éviter d’être uniquement opportuniste. La clé de la réussite est la compréhension du marché : il faut impérativement chercher à développer une offre à valeur ajoutée. Autrement dit, il est nécessaire de davantage se tourner vers l’externe de l’entreprise – c’est-à -dire répondre à ces trois questions : quoi vendre? À qui? À quel prix?, et valider nos réponses à l’aide de clients potentiels bien réels – ; plutôt que de s’intéresser uniquement aux perceptions internes du marché et de se lancer frénétiquement dans le développement d’une solution potentiellement mal adaptée aux besoins du marché.
Il faut à tout prix éviter de tomber en amour avec ses produits au point de refuser de remettre en cause son processus de création ou sa mise en marché. Il faut demeurer ouvert à la critique et se nourrir de ses petits échecs quotidiens afin d’apprendre chaque jour un peu plus.
Si vous aviez une chose Ă transmettre aux entrepreneurs de demain, quelle serait-elle?
PP : Un bon produit ou une bonne offre de service ne suffisent pas. Il faut aussi faire connaître ce que nous avons à offrir aux clients finaux. Rien de tel que de définir une liste des 100 clients principaux et de tout mettre en œuvre pour arriver à les rencontrer.
Il faut également être conscient de ce qu’on ne sait pas. Il s’agit alors d’être proactif afin d’éclaircir ces incertitudes. On ne doit pas se contenter d’être réactif. La rétroaction des clients lors des rencontres et des soumissions est un élément crucial puisqu’il permet d’améliorer de façon continue son produit ainsi que la commercialisation de celui-ci. Le but de la manœuvre n’est pas de proposer un produit parfait, mais d’instaurer une culture d’entreprise axée sur l’amélioration continue. Une entreprise a besoin de plusieurs années d’existence avant de prendre de la maturité et de la crédibilité. Cela exige résilience et constance dans l’effort fourni en vue d’atteindre le but prévu.
Quelle est selon vous la force des entrepreneurs de Montréal?
PP : La compréhension des technologies, la créativité et la culture de développement de produits innovateurs sont sans aucun doute ce qui rend les entrepreneurs montréalais aussi efficaces dans certains domaines comme celui des nouvelles technologies.
Tout n’est toutefois pas parfait. Il manque une masse critique de gens d’expérience pour mettre en place un cadre financier permettant de concevoir et de commercialiser nos produits de façon agressive, avant que des compétiteurs mieux capitalisés n’occupent la niche visée.
Les propos de Monsieur Pilon sont justement au coeur des prĂ©occupations des entrepreneurs en technologie du programme Croissance QuĂ©bec Techno. Oser « dĂ©sĂ©lectionner » des marchĂ©s pour mieux conquĂ©rir un territoire circonscrit, connaĂ®tre la composition du « jury » qui entĂ©rinera ou non l’achat de nos produits et faire de soi le « vendeur no. 1″ de son entreprise, sont effectivement des traits inhĂ©rents aux entrepreneurs faisant preuve d’innovation et de leadership.