Dans la foulée du numéro spécial « Super femmes d’affaires » du magazine Le Mentor et du Mentor express, le Blogue Entrepreneuriat.inc tourne à son tour ses projecteurs sur des femmes exceptionnelles qui ont fait le « double choix » d’assumer leur rôle parental et de se lancer dans le monde des affaires.
Femmes, mères et entrepreneures…un trio explosif réuni sous le chapeau du Réseau des Mamentrepreneures. Un grand merci à Valérie Hains, la présidente et fondatrice des Mamentrepreneures, qui a eu la gentillesse de répondre à nos questions. Son histoire saura certainement inspirer celles qui, parmi vous, ont envie de se lancer!
Il s’agit d’un réseau unique au Québec. Celui-ci s’adresse tout particulièrement aux femmes/mères entrepreneures, contrairement aux réseaux existants de femmes entrepreneures. Le groupe de Mamantrepreneures a été fondé en mai 2009, mais le Réseau a réellement pris forme à l’automne 2009.
L’objectif général des Mamentrepreneures est de reconnaître toutes les entreprises créées par des mères au Québec. Notre regroupement leur offre un accès à un réseau d’échange, une plus grande visibilité ainsi que plusieurs ressources leur permettant de concilier la vie d’entrepreneure, de maman et de femme.
Il est fondamental de préciser qu’il s’agit avant toute chose d’un réseau virtuel qui offre une vitrine exceptionnelle aux mères entrepreneures. Ce réseau Web fait la promotion, entre autres :
Ce réseau donne en plus une chance inouïe à ces femmes de se rassembler et de bénéficier d’un pouvoir économique plus grand par la réduction des frais de démarrage.
Ce sont des mamans entrepreneures ou en voie de le devenir, enceintes ou avec des enfants, qui ont le goût de créer une entreprise en lien avec leurs passions et leurs champs de compétence. Elles désirent passer plus de temps de qualité en famille. Elles souhaitent être maîtres de leur horaire, relever un nouveau défi, s’épanouir dans un travail flexible qui leur plaît et concilier vie professionnelle et personnelle avec plus de souplesse.
Ă€ la suite de ma dĂ©cision de crĂ©er ma maison d’Ă©dition, je me suis rendue au CLD de ma rĂ©gion (Bellechasse) et ils m’ont dirigĂ©e vers le cours « Lancement d’une entreprise » donnĂ© par la Commission scolaire. J’ai reçu des informations pertinentes et un coaching efficace. Cependant, une question me hantait l’esprit : « Comment dĂ©marrer et promouvoir mon entreprise avec 4 enfants en bas âge? ».
Le besoin de partager et discuter de ce que je vivais avec d’autres mères entrepreneures grandissait. Je me suis mise Ă faire de la recherche sur Internet et j’ai trouvĂ© plusieurs groupes de mères entrepreneneures Ă travers le monde, mais rien de tel ici au QuĂ©bec. Je me suis dit qu’il fallait donc le faire. Après avoir rĂ©uni une quinzaine de mères au printemps 2009, nous avons analysĂ© les modèles d’associations existantes en France, aux États-Unis et au Canada anglais. Puis, nous leur avons donnĂ© une saveur quĂ©bĂ©coise. De lĂ est nĂ© les Mamentrepreneures!
Nous avons des mères prĂ©sentement employĂ©es qui songent Ă un Ă©ventuel projet d’entreprise. Nous avons aussi des mères en dĂ©marrage et d’autres qui sont dĂ©jĂ chefs d’entreprise. De plus, toutes les mères proviennent de diffĂ©rents domaines comme le droit, le graphisme, la santĂ©, la maternitĂ©, le marketing, etc. C’est la beautĂ© de la chose! Elles ont toutes des compĂ©tences diffĂ©rentes et utiles aux autres.
Actuellement, nous avons près de 200 personnes dans la CommunautĂ© MAM sur le site Web et plus d’une cinquantaine de membres. En passant, le site a Ă©tĂ© mis en ligne en janvier 2010 et nous avons fait notre lancement officiel le 10 fĂ©vrier dernier. Je crois sincèrement que le besoin est lĂ et nous en avons la preuve, car la rĂ©ponse est excellente!
Les mères qui tentent l’aventure de la création d’entreprise souhaitent sortir du cadre du 9 à 5. Elles sont davantage motivées par le confort et la liberté dans l’organisation de leur temps et travail. Elles veulent un horaire flexible adapté à leur réalité de maman. À mon avis, voici les gros plus que procure ce statut sur le plan de la qualité de vie :
La situation de chaque mère est différente (monoparentale, etc.). Il faut selon moi adapter nos horaires en fonction de nos réalités familiales. Autrement dit, se fabriquer des horaires sur mesure, compatibles avec celles des enfants.
Pour ma part, je travaille efficacement quand les enfants sont partis à l’école ou couchés. Je me fixe des objectifs et je m’y tiens. Je travaille dans les tranches horaires où j’ai choisi de travailler. Quand je suis en « mode travail », je ne suis pas en « mode ménage ».
La démocratisation d’Internet et des nouvelles technologies permettent de travailler à domicile, d’économiser un temps fou (si on était sur la route par exemple) et de diminuer grandement le stress.
Une femme entrepreneure qui n’a pas d’enfants n’aura pas les mĂŞmes contraintes que moi. Surtout en ce qui a trait Ă l’organisation du temps. Lorsqu’on est mère, on a une responsabilitĂ© de plus et on vit souvent avec le sentiment de culpabilitĂ© face au temps que l’on accorde ou n’accorde pas Ă nos enfants.
Une mère au foyer (je l’ai Ă©tĂ©) se consacre entièrement Ă ses enfants. Elle s’oublie et se sent parfois isolĂ©e. Elle a le sentiment de ne pas ĂŞtre reconnue pour tout le travail qu’elle accomplit. Je crois sincèrement que ça devrait ĂŞtre le travail le mieux payĂ© de tous!
Une mère salariĂ©e vit Ă 100 Ă l’heure! Elle est dans un cadre assez rigide, part tĂ´t le matin, pressĂ©e, et revient le soir, aussi pressĂ©e! Elle doit rĂ©pondre Ă des exigences d’un employeur et dĂ©pend de l’entreprise pour gravir les Ă©chelons.
Je suis maman de 4 enfants, 4 filles merveilleuses âgĂ©es de 2 Ă 7 ans. Je possède un baccalaurĂ©at en enseignement prĂ©scolaire et primaire, mais j’ai peu travaillĂ© dans le domaine. La prĂ©caritĂ© d’emploi ainsi que la supplĂ©ance ne correspondait pas Ă ce que j’attendais de l’enseignement. J’ai donc fait le choix de devenir maman Ă la maison. Je suis très fière de cette dĂ©cision et j’ai Ă©tĂ© bien dans ce rĂ´le. Cependant, est venu le temps oĂą j’ai eu envie de me rĂ©aliser aussi sur le plan professionnel. Comme j’adore Ă©crire et que l’Ă©ducation me passionne, je me suis mise Ă Ă©crire des livres pour les enfants, les parents et les enseignants. Puis un matin, poussĂ©e par un dĂ©sir intense, j’ai dĂ©cidĂ© que j’allais crĂ©er ma propre maison d’Ă©dition. Je suis donc en dĂ©marrage de cette maison d’Ă©dition qui publiera principalement des livres et guides pratiques en Ă©ducation accompagnĂ©s d’ateliers et de formation.
Quels conseils donneriez-vous aux mères qui s’apprêtent à créer leur entreprise? Se faire confiance, s’écouter et suivre son instinct. Il ne faut pas avoir peur d’aller voir les ressources qui existent (CLD et autres) pour mieux structurer son projet d’entreprise. Ça prend aussi du courage pour aller affronter les banquiers et aller négocier. Le Réseau des Mamentrepreneures encourage les mères entrepreneures et leur donne les trucs pour aller chercher du financement.
Aussi, il faut savoir s’entourer et ne pas être seule à vivre cette aventure. L’énergie contagieuse d’autres modèles à succès doit les contaminer.
Créer son entreprise demande de la créativité et de la persévérance. On veut être à la fois la bouée quand ça va mal, mais surtout un tremplin vers le succès.
Je le ferais plus tôt dans mon histoire de mère. J’écouterais plus mon cœur et mon instinct et non l’opinion de M. et Mme Tout le Monde, qui ne préconisent pas cette voie. Je foncerais et je ne me poserais plus du tout de questions.
Se lancer en affaires demande beaucoup de motivation. Il faut choisir un domaine qui nous passionne et non un secteur payant.
En soi, le « mamentrepreneuriat » est un phénomène. La conciliation travail-famille est plus que jamais au cœur des préoccupations. Le statut de « mamentrepreneure » doit être reconnu comme étant une alternative.
Je suis persuadée que le nombre de mères entrepreneures va augmenter dans les années à venir. Cela va devenir un incontournable surtout avec l’arrivée en flèche de la génération montante!

ValĂ©rie Hains, une enseignante de formation de St-Charles-de-Bellechasse, est l’une de ces mères quĂ©bĂ©coises qui, après avoir eu quatre enfants, a dĂ©cidĂ© de fonder sa maison d’Ă©dition. En cours de route, elle s’est rendu compte qu’il n’existait pas de ressources spĂ©cifiques pour aider les mères entrepreneures dans leur projet. C’est ainsi qu’elle a fondĂ© le RĂ©seau des Mamentrepreneures.
Et vous, êtes-vous tentée par le mamentrepreneuriat?
Bonjour! Vous avez une belle mission, j’aimerais bien avoir des infos supplĂ©mentaires et savoir comment faire partie de votre rĂ©seau.
J’attends de vos nouvelles!
Merci
Ani Jacobs
Bonjour,
Si vous ĂŞtes intĂ©ressĂ©e Ă faire partie du RĂ©seau des Mamentrepreneures, je vous suggère de contacter ValĂ©rie Hains, la prĂ©sidente de ce rĂ©seau, Ă l’adresse Ă©lectronique suivante: valerie@mamentrepreneures.com.
Avec mes meilleures salutations,
Marie-Christine Pota
Agente de veille et de liaison jeunesse
Fondation de l’entrepreneurship