Appelée également Génération du millénaire, Génération numérique ou encore Why-er aux États-Unis, le terme Génération Y désigne les jeunes de 30 ans et moins. On leur reconnaît l’assurance d’être en mesure de faire bouger les choses. Mais en affaires, comment sont-ils? Permettez-moi de vous guider vers le petit monde entrepreneurial des Y.
Selon un rapport publié aux États-Unis par l’Institute for the future, la Génération Y approchera l’entrepreneuriat en série. C’est également l’écho de cette étude (aussi américaine) qui stipule que 59 % des entrepreneurs de la Génération Y envisagent de devenir des « serial entrepreneurs ».
Même constat du côté de Claude Ananou, chargé de formation à HEC Montréal.
Bonne nouvelle? Sans contredit! Le Québec a besoin d’entrepreneurs en série pour créer de la richesse et faire de notre Québec une province plus prospère.
Les Y créent des entreprises très différentes de celles créées par les boomers quelques décennies plus tôt. Ils entreprennent à leur image et créent des entreprises qui rejoignent leurs valeurs, leurs aspirations et leur style de vie. L’auteure que je viens de découvrir ici, Donna Fenn, décrit fidèlement les entrepreneurs Y dans son livre Upstarts! How Gen Y Entrepreneurs are rocking the World of Business and 8 Ways You can profit from their success. L’auteure indique que les Y créent des entreprises compétitives au cœur desquelles on retrouve :
Les jeunes de la Génération Y présentent des caractéristiques propres et communes avec les gens de leur âge : ils vivent dans l’immédiateté, sont créatifs et tolérants. Ils ont confiance en eux et ont un grand besoin d’accomplissement. Alain Samson l’a aussi précisé dans Les boomers finiront bien par crever, les moins de 30 ans comptent sur des atouts précieux pour entreprendre : ils sont allumés et ouverts sur le monde.
Plus encore! Cette génération est animée par des valeurs entrepreneuriales fortes : créativité, autonomie, goût du risque, passion, confiance en soi et ambition. Ajoutons à cela qu’ils sont éduqués, innovateurs, fonceurs, visionnaires, ils n’ont pas peur du risque et carburent aux défis. Des entrepreneurs nés les Y? En tout cas, les baby-boomers n’ont qu’à bien se tenir… les Y seraient les plus disposés à entreprendre, d’après Yvon Gasse et son équipe de chercheurs de l’Université Laval.
Pour Yvon Gasse et son équipe, les Y se situent dans un contexte où la voie entrepreneuriale est plus un choix qu’une nécessité. Devrait-on voir ici une raison au fait qu’ils entreprennent moins au Québec qu’aux États-Unis?
Les Y savent ce qu’ils veulent. Au Québec, devant une offre grandissante d’emplois, ils se retrouvent dans une position fort avantageuse, si bien que les employeurs doivent user de stratégie pour les attirer. Ils peuvent donc négocier leurs conditions de travail et se façonner un emploi à leur image à l’intérieur d’une entreprise existante.
Leurs homologues du Sud, en contrepartie, vivent une situation de crise économique. Les emplois sont rares et on demande aux employés d’accepter de moins bonnes conditions de travail (horaires allongés, baisses de salaires). Les jeunes Américains sont donc plus nombreux à créer leur « business » pour échapper à ces conditions qui vont à l’encontre de leurs idéaux.
Quoi qu’il en soit, les discours alarmistes sur la pénurie de main-d’Å“uvre dans les années à venir ne font qu’alimenter le débat sur la génération Y : va-t-elle garantir la relève entrepreneuriale du Québec?
J’ose croire néanmoins qu’après quelques années en entreprise, les Y auront envie d’exploiter leur potentiel entrepreneurial et relever le défi de l’entrepreneuriat. Les conjonctures portent à croire que le futur Québec inc. sera vigoureux, et composé en majorité d’entrepreneurs de la génération Y, comme aux États-Unis.
Je vous laisse la parole maintenant.
Connaissez-vous des entrepreneurs Y au Québec?
Comment sont-ils?
Et si vous en faites partie, qu’est-ce qui vous anime?
P.-S. Mille mercis à Kim Auclair qui m’a fourni plusieurs sources fructueuses.